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Au bord du rêve

Comment redonner du sens à la solidarité ?

Les commanditaires

En 2014, six personnes issues du Secours Populaire de la Haute-Vienne expriment leur souhait de réaliser une commande artistique sur le bâtiment du siège du Secours Populaire situé en zone industrielle au nord de Limoges. Composé de bénéficiaires, bénévoles, salarié-e.s et administrateur·ice.s, le groupe de commanditaires sollicite l’accompagnement de Pierre Marsaa pour Point de fuite et de Pomme Boucher pour Quartier Rouge en tant que médiateur-ice.s pour l’action Nouveaux commanditaires. Engagés dans tous les aspects et à chaque étape du projet, le groupe décide de se nommer les commanditaires solidaires. Ensemble ils élargissent les enjeux de leur commande, écrivent un cahier des charges sous forme de manifeste et choisissent de l’adresser à une femme artiste, avec l’envie de mettre en avant le travail d’une femme dans les quartiers.

La commande

« Si la satisfaction des besoins alimentaires est essentielle pour survivre/sous-vivre, l’être humain a besoin de se nourrir l’esprit, le cœur, pour vivre, donc choisir. Nous, les Nouveaux solidaires, voulons une œuvre flamboyante qui mette en lumière le gisement de richesse humaine en activité, une œuvre qui rappelle la multiculturalité de tous les publics fréquentant le Secours populaire[cm1]  au quotidien : accueillis, accueillants, donateurs, « les invisibles ». L’œuvre doit questionner sur les moyens de lutte pour mettre fin aux peurs, aux fantasmes engendrés par le regard porté aujourd’hui sur la pauvreté. Nous voulons que l’œuvre soit inconfortable, qu’elle brûle la rétine pour atteindre la conscience, en clair, qu’elle affirme qu’est venu le temps de la solidarité. Elle doit permettre de redonner du sens au mot solidarité auprès des publics concernés, et des publics susceptibles d’y être réceptifs. Une œuvre qui (ré)inscrit la solidarité au patrimoine culturel immatériel. »

L’artiste

Anne Brégeaut est une artiste à l’univers onirique et coloré. Elle développe dans ses peintures des images à première vue enfantines et joyeuses qui peuvent se révéler ambigües, fragiles, voire inquiétantes. En mettant en scène des éléments parfois incongrus ensembles, l’artiste donne à voir des fragments de récits intimes. Son travail est du côté d’une peinture non démonstrative, qui privilégie notre attention à la vulnérabilité des choses ainsi que celle de notre propre regard. Ces aspects de son œuvre picturale portent les médiatrices de Quartier Rouge et de Point de Fuite à lui proposer de répondre à cette commande.

L’œuvre

Anne Brégeaut propose la trame du manteau d’Arlequin comme fil conducteur d’un parcours solidaire entre les quartiers de Limoges. De la Zone Industrielle Nord (siège du Secours populaire) en passant par Beaubreuil, le Val de l’Aurence et le quartier des Coutures, cette trame multicolore amène à la découverte de grandes peintures sur porcelaine. Chacune de ces peintures a été inspirée à Anne Brégeaut à l’occasion de rencontres avec les bénéficiaires et les habitants des quartiers. Sur la façade du siège du Secours Populaire, cinq grandes peintures représentent ainsi les actions les plus emblématiques de l’association (aide alimentaire, accès aux soins, aux vacances, à la culture, au savoir...). Dans les quartiers, elles reprennent un élément architectural, historique ou une anecdote racontée par les habitants du lieu. En parallèle de cette présence dans l’espace public, l’artiste a souhaité intervenir dans une relation plus intime et plus directe avec les habitants. L’œuvre se prolonge par les rêves des participants, pour qui l’artiste a conçu une précieuse boîte en porcelaine. Les personnes habitant les quartiers concernés par le projet ont été invitées à écrire une phrase qui exprime un souhait qu’elles ont pour elles, leur entourage ou bien le quartier dans lequel elles vivent. Ces phrases manuscrites ont été scannées puis reproduites via une sérigraphie sur porcelaine à l’intérieur des boîtes.  Installées à différents endroits de l’œuvre, ils s’illuminent la nuit.  Collecte, écriture, discussion, boîtes en porcelaine, autant de moyens pour sauvegarder et entretenir ce qui nous est propre, mais aussi bien souvent commun. Le rêve comme moteur vital.

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